Réforme sur l’obligation de souffleuses : une mesure à réviser pour protéger nos petites entreprises et assurer un service de qualité
Les entrepreneurs en déneigement font partie du quotidien hivernal de Ville Mont-Royal. La réforme proposée par la Ville, bien qu’animée de bonnes intentions, risque de fragiliser ceux qui assurent ce service essentiel pour nos citoyens.
Le règlement 1432 sur le déneigement prévoit désormais d’imposer une tarification beaucoup plus élevée pour les entrepreneurs qui utilisent des véhicules sans souffleuse : 1 000 $ par véhicule, contre 100 $ pour un véhicule muni d’une souffleuse.
L’objectif est de moderniser les pratiques, mais la mise en œuvre précipitée de cette mesure risque d’avoir des conséquences économiques majeures sur les petites entreprises locales.
Une intention louable, mais une application rigide
À l’origine, la Ville voulait corriger certaines pratiques problématiques, notamment la neige laissée sur la voie publique après les opérations de déneigement.
Cependant, la différence tarifaire proposée – multipliée par dix – représente une contrainte financière insoutenable pour de nombreux petits entrepreneurs, souvent des microentreprises familiales.
De plus, l’augmentation de l’amende de 300 $ à 500 $ ajoute une pression supplémentaire, sans offrir de plan de transition ni d’aide à l’adaptation.
L’impact selon la taille des entreprises
- Petits entrepreneurs (1 à 2 véhicules)
Les plus fragilisés. Le coût d’une souffleuse mécanique (25 000 à 40 000 $) est hors de portée pour plusieurs, menaçant la survie de nombreuses entreprises locales.
Résultat : moins de concurrence et des prix potentiellement plus élevés pour les citoyens. - Entreprises moyennes (3 à 6 véhicules)
Elles peuvent envisager une transition graduelle, mais au prix d’une hausse de tarifs et d’une pression financière accrue. - Grandes entreprises (7 véhicules et plus)
Mieux équipées, elles absorberont plus facilement la réforme, mais au détriment de la diversité et de la vitalité économique locale.
Moderniser, oui – pénaliser, non
Personne ne remet en question la nécessité d’un déneigement plus propre et plus efficace.
Mais la réforme actuelle est disproportionnée : elle crée deux catégories d’entrepreneurs et met en péril les plus petits acteurs, pourtant essentiels à la qualité du service offert aux résidents.
Une transition réussie doit se faire avec les entrepreneurs, pas contre eux.
Je m’engage, une fois élue mairesse
- Mettre en place une période de transition réaliste de 2 à 3 ans pour permettre une adaptation graduelle au ratio de 80 % de souffleuses.
- Créer un comité de concertation regroupant la Ville, les entrepreneurs et les citoyens pour évaluer les impacts et ajuster la réglementation au besoin.
- Adopter une tarification progressive selon la taille de l’entreprise et la nature du service offert.
- Évaluer chaque année les effets économiques et environnementaux de la réforme et publier les résultats pour assurer une transparence totale.
En conclusion
Moderniser, oui. Fragiliser, non.
J’ai à cœur d’améliorer le service de déneigement tout en protégeant les acteurs locaux.
Le bon sens, la transparence et la concertation doivent guider cette réforme pour garantir un déneigement efficace, juste et durable
Maryam Kamali Nezhad, ing., Ph. D.
Candidate à la mairie de Ville de Mont-Royal
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